06.12.2007
Anne-Lorraine
Chère Guides,
j'aimerais que vous puissiez lire cet excellent article de Valeurs Actuelles (clic) qui nous confirme qu'Anne-Lorraine était une fille en tout point exemplaire. Ne pensons pas comme le monde que la médiocrité soit la règle : l'excellence existe, avec la grâce de Dieu ! Elle est belle à admirer, et enthousiasmante à imiter !
Ab Pierre +
Voici le témoignage de Béatrice, l'une de ses petites soeurs (14 ans) :
« Anne-Lorraine, tu étais pour moi une grande sœur attentive et toujours présente.
Tu étais un exemple en tout. Tu avais une foi tellement grande, tellement profonde que je t’avais choisie pour que tu sois ma marraine de confirmation.
Aujourd’hui, je ressens à quel point tu tenais une place importante auprès de moi et à quel point je t’aime.
Anne-Lorraine, tu me manques énormément et sache que tu tiendras toujours une place dans mon cœur et que je suivrai ton exemple.
Je suis fier de vous dire que je suis la petite sœur d’Anne-Lorraine Schmitt. »
Voici le témoignage de François-Xavier, son petit frère, sous-officier :
Anne-Lorraine, ma grande sœur
Tu m’as toujours impressionné par ton intelligence, ta bonté et surtout par ta foi.
Franchise, dévouement, pureté sont bien des devises qu’en tant que guide tu t’es efforcée de respecter, d’honorer.
Ta franchise, tu l’as démontrée tout au long de ta vie. C’est en vraie chrétienne que tu a témoignée de ta foi profonde et de ton fidèle attachement aux valeurs chrétiennes. Tu n’as jamais eu peur de dire clairement ce que tu pensais et, bien au contraire, tu t’es toujours affirmée.
Ton dévouement, tu l’as prouvé tout d’abord avec nous, tes frères et sœurs. Tu as toujours été présente au moindre souci. Ton dévouement, tu l’as également démontré avec humilité et abnégation à travers les scouts, avec tes amis, avec les malades à Lourdes.
Ta pureté, c’est dans l’exemplarité de tes paroles, de ton comportement que tu l’as témoignée. Et d’ailleurs, c’est cette pureté que tu t’es efforcée de défendre jusqu’au bout.
Tu vas beaucoup me manquer, tu vas beaucoup nous manquer et il n’y aura pas une journée où je ne penserai pas à toi. Plus que ces valeurs, c’est ton courage, c’est l’honneur dont tu as fait preuve dimanche qui restera pour moi gravé toute ma vie. Ma grande sœur, quel exemple tu nous a montré, quelle leçon de vie tu nous as donnée !
Laisse-moi te dire ces deux mots simples, mais sincères : Anne-Lorraine, je t’aime."
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Commentaires
Dans un article du "Monde" daté de ce jour, on peut lire : [extraits choisis]
[...] Anne-Lorraine Schmitt, 23 ans, allure sage et chevelure claire, ne prend le RER D que le week-end, pour aller rejoindre ses parents et la maison de son enfance, à Orry-la-Ville, près de Senlis, dans l'Oise. Vingt-cinq minutes de trajet depuis Saint-Denis, et voilà la clôture blanche, à quelques mètres d'un petit bois. Ce dimanche 25 novembre, cela fait trois semaines qu'elle n'y est pas revenue. Les cérémonies du 11-Novembre ont tenu son père, le colonel Philippe Schmitt, occupé, et les grèves des transports l'ont dissuadée de faire le parcours le week-end suivant.
La jeune fille a quitté vers 10 heures la Maison d'éducation de la Légion d'honneur, au coeur de Saint-Denis. C'est une école aux allures de collège anglais, avec ses jeunes filles en uniforme. Une enclave somptueuse au pied de la basilique qui sert depuis des siècles de nécropole royale, à l'écart des cités. En 2002, Anne-Lorraine y a étudié en hypokhâgne, avant de rejoindre Sciences Po, à Lille. Maintenant qu'elle poursuit ses études de journalisme au Celsa, à Neuilly, elle est revenue vers la Légion d'honneur. Elle y dispose d'une chambre en échange d'une quinzaine d'heures de surveillance auprès d'une classe de terminale. Suivi des études du soir, du dîner au réfectoire et du coucher. Mais Anne-Lorraine préfère l'atmosphère intime de l'internat aux chambres des cités universitaires.
A la gare de Saint-Denis, elle est donc montée dans la deuxième voiture, au premier étage. De là, la lumière est plus claire et le regard peut s'étendre par-dessus les pavillons et les HLM. Sur les remblais de béton, les tags colorés défilent le long de la voie jusqu'à Sarcelles. A ses amies, Clotilde, Marie et Claire, Anne-Lorraine Schmitt a parfois confié qu'elle n'aime pas beaucoup cette ligne que les voyageurs appellent entre eux "le RER poubelle". Mais c'est une fille de militaire, ancienne cheftaine des Scouts d'Europe. Elle n'a pas peur de grand-chose, si ce n'est du matérialisme des sociétés modernes, qu'elle rejette farouchement.
Ce matin, elle doit rejoindre son père pour suivre la messe avant le déjeuner. C'est une fille solide, chaleureuse et très croyante. Pour tout dire, assez différente des jeunes gens de sa génération. "Un peu tradi et très catho", souriait-elle parfois. L'été précédent, elle est allée avec ses amies à Lourdes. Régulièrement, on la voit aux retraites de la communauté de Saint-Martin, à Candé, dans le Loir-et-Cher, dont elle a connu les prêtres lors des Journées mondiales de la jeunesse.
A l'école de journalisme, elle a d'abord fait figure de rareté avec ses convictions chrétiennes assumées. Devant ses camarades, Anne-Lorraine a pris l'habitude de défendre sa foi, "combative comme le sont les minoritaires", sourit le Père Pascal-André Dumont, qui encadre les séances de prière lorsqu'elle se rend à Candé. Quand les étudiants se disputent les stages dans les grands journaux, elle a choisi de s'exercer sur les ondes de la très catholique Radio Notre-Dame, puis d'écrire dans Valeurs actuelles, un hebdomadaire très marqué à droite. [...]"
Ecrit par : Ab Pierre + | 07.12.2007
Philippe Schmitt, père de l'étudiante poignardée le 25 novembre dans un RER au nord de Paris, a donné son témoignage au journal "La Croix". En voici les termes :
«Avant le meurtre d’Anne-Lorraine, je me disais que ce genre de catastrophe, lorsqu’elle arrivait chez les autres familles, ne pouvait conduire qu’à un sentiment de révolte contre la société et contre Dieu. En réalité, j’ai été très peu dans ces dispositions. L’idée de faire moi-même justice m’a traversé l’esprit très brièvement, à l’annonce de la terrible nouvelle par le procureur le dimanche 25 novembre et alors que l’assassin n’était pas encore arrêté. C’est tout.
Il est vrai que nous nous sommes très vite retrouvés en famille, mon épouse, les deux sœurs et les deux frères d’Anne-Lorraine, et moi-même. Nous avons aussi été entourés par des amis dès le dimanche soir. Il y a eu ensuite les innombrables soutiens, qui se sont manifestés un peu partout et qui nous ont fait chaud au cœur. Enfin, lors de la messe des obsèques du samedi 1er décembre célébrée en la cathédrale de Senlis (Oise) par l’évêque de Beauvais, Mgr Jean-Paul James, nous étions à la fois portés et apaisés par les 1 500 personnes venues se recueillir avec nous, comme s’il s’agissait d’un moment de grâce. Portés et apaisés aussi par l’homélie du P. Stéphan Janssens, curé archiprêtre de la cathédrale.
Nous avons été touchés par l’immense réseau de solidarités dont nous avons été l’objet. Il était constitué des nombreux amis d’Anne-Lorraine : scouts, étudiants, anciens lycéens. Des personnes inconnues de nous nous ont aussi proposé leur aide. Des chaînes de prière se sont créées en de multiples endroits du pays. La dépouille de ma fille a été constamment veillée de jour comme de nuit, jusqu’aux funérailles, par toutes sortes de bénévoles se relayant. En dix jours, nous avons reçu à notre domicile 750 lettres et autant de messages de sympathie par courrier électronique. Cela nous a vraiment réconfortés, même si nous avons été heurtés par certains messages sur Internet mêlant au drame des allégations racistes ou une polémique sur l’attitude du gouvernement.
Je n’en veux pas à Dieu
Le résultat de cette mobilisation a fait que nous avons beaucoup pleuré, réfléchi, discuté, médité et prié en famille. Pour ma part, grâce à cela, je vis dans un climat de sérénité. Je n’en veux pas à Dieu. « Que ta volonté soit faite », dit-on en récitant le Notre Père. Il est dur de perdre un enfant et je ne veux pas interpréter cette parole, qui fait pour moi partie du mystère. Il n’empêche : je vois des signes de la volonté de Dieu dans cette extraordinaire solidarité.
J’ose aussi l’affirmer : je n’éprouve pas de haine envers l’auteur du meurtre, même si je n’en suis pas encore au stade du pardon. De même, je ne veux pas tirer de conclusions générales à partir de ce drame sur d’éventuelles dérives de notre société, car la délinquance sexuelle est peut-être un phénomène aujourd’hui moins caché qu’autrefois. En revanche, il est sûr que j’en veux à un système judiciaire qui, à mon sens, favorise la récidive dans ce domaine.
La question du devenir des criminels et délinquants sexuels fait désormais partie de mes préoccupations majeures : en intention, je l’ai promis à Anne-Lorraine. C’est, pour moi, la façon de poursuivre son combat. Elle a refusé de se soumettre en se débattant contre son agresseur, qui était armé d’un couteau, et elle a permis son arrestation en le blessant. Elle en a perdu la vie et sa mort est, en quelque sorte, un sacrifice.
Les délinquants sexuels doivent rester en prison
Je pense que les délinquants sexuels doivent rester en prison. La première affaire, celle d’un viol, dans laquelle le meurtrier présumé d’Anne-Lorraine a été impliqué, a, à mon avis, été traitée à la légère. Le principe de précaution, que l’on invoque si facilement sur le plan sanitaire ou environnemental, devrait s’appliquer aussi en l’espèce. Il s’agit, en effet, de sauver des vies. C’est une approche pragmatique, pas idéologique.
J’ai décidé d’apporter mon soutien aux associations de victimes et d’interpeller avec force les parlementaires. Une loi faisant l’unanimité doit être possible sur un tel sujet. La solution au problème dépasse le clivage gauche-droite et je trouve qu’elle a trop tardé. C’est une question que je prends très au sérieux. Je veux profiter de l’élan de solidarité et de l’intérêt médiatique que l’assassinat d’Anne-Lorraine a suscités pour faire avancer les choses. Sinon, cela recommencera pour d’autres jeunes filles ou jeunes femmes.»
Recueilli par Antoine FOUCHET
Ecrit par : Ab Pierre + | 09.12.2007
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